Dimanche 24 Janvier 2010, il fait plutôt bon à Malaga, la résidence où j’habite est plutôt jolie, et le beurre d’arachide que j’ai amené avec moi me fait un peu de bien, mais je dois avouer que j’ai le blues, les boules, le cafard.

Mon état d’âme est complètement différent de celui dans lequel j’étais cet été à Barcelone : plusieurs facteurs semblent en cause. Ici aussi, à Malaga, c’est l’hiver. Bien sûr, ce n’est pas la même chose que chez nous, mais il fait quand même frais (15-20 °C), et je pourrais jouer avec l’argument (chochotte direz-vous) de « micro-down » saisonnier. Aussi, sans vouloir sombrer dans le mélodrame, tout juste avant de partir pour l’Europe, mon chien (qui me suivait depuis mes 6 ans, alors que j’en ai aujourd’hui 20) a passé l’arme à gauche. Finalement, le dernier point (et non le moindre) : j’ai laissé une moitié de moi de l’autre côté de l’Atlantique. Cette moitié est finalement nettement plus considérable que ce que j’anticipais, d’où le blues actuel…

Dans le but de ne pas auto-saboter ce projet sur lequel je planche depuis plus d’un an, j’essaie malgré tout de rester positif. Comme je l’ai mentionné plus tôt, le logement où j’habite est confortable, salubre (cette fois-ci !), et plutôt bien localisé. Aussi, les gens avec qui j’habite, trois espagnols de souche, sont fort aimables malgré le fait que le choc des cultures fasse parfois des étincelles. En effet, il est socialement accepté, ici, de fumer clope après clope dans la cuisine/salon commune (alors que ma porte de chambre y est tout juste adjacente) sans demander l’avis de ses colocataires. Il est assez désagréable, me semble-t-il, de se réveiller en toussant parce que l’odeur de cigarette envahit sa chambre.

Le jet-lag est long, très long à rattrapper. Hier soir, je me suis endormi aux alentours de minuit, heure de Montréal (donc 6h du matin, heure locale !). Je pourrais toujours jeter le blâme sur la performance parfaite du Canadien et sur la diffusion internet impeccable de CKAC dudit match, mais je n’oserais m’y abaisser. Je me lève donc aux alentours de 8h45, heure de Montréal (soit 14h45, heure locale), pour réaliser que j’ai perdu la moitié de ma journée à me retourner dans mon lit à me dire qu’il est trop tôt pour se lever. Je me déculpabilise en disant que j’ai droit à cette paresse, que le décalage horaire m’y autorise et que cet écart de rythme circadien n’est que passager.

Quand l’appétit va, tout va. Ce n’est que trop vrai. Depuis 3 jours, je n’ai été capable d’avaler que 2 repas ; la fin du deuxième refroidit actuellement à la droite de mon clavier, incapable de me faire saliver. Je remercierai tout de même le fromage Cheddar orange et le beurre d’arachide crémeux de m’avoir gardé en vie !

Fatigue oblige, je me retrouve souvent dans ma chambre, accompagné des nombreux films que j’ai emmenés. Ceux-ci s’avèrent être un refuge confortable, un des seuls capables de me changer un tant soit peu les idées.

Je sais que je possède un talent confirmé pour le chialage, la plaignardise et la geignerie (et autres synonymes de mon cru). Je sais aussi à quel point je suis actuellement au beau milieu d’un triste étalage de ce talent. Néanmoins, je crois – et j’espère – que cette « bougonnerie » s’estompera sous peu, au profit d’un engouement pour cette ville magnifique qu’est Malaga.

En effet, le relief d’ici, coupé au couteau, rappelle un peu par endroits, à sa manière, d’anciennes carrières dynamitées. De nombreux paliers sont présents, offrant un relief hors du commun, saccadé et irrégulier. Je n’ai pas encore visité la vieille ville (qui se trouve à 4 km de ma résidence), mais j’ai de bonnes raisons de croire que je n’en aurai pas fait le tour de sitôt. En effet, lorsque j’ai appuyé sur la touche « Attractions Touristiques et Culturelles à proximité » de mon GPS, plus d’une quarantaine de résultats sont apparus.

Pour l’instant, je crois que c’est tout. Je n’ai encore pris aucune photographie, météo exige (il a plus toute la journée d’hier), mais je corrigerai le tir sous peu !

En attendant, je crois que je vais aller me reposer un peu…