Je me surprends parfois. En effet, j’ai passé les deux dernières journées en compagnie d’un gars de mon âge, un peu perdu (comme moi), un peu en recherche d’interactions sociales (tout comme moi, encore une fois), Ontarien.
Je blague, bien sûr. Je n’ai aucun (presque ?) préjugé envers les ontariens, mais ce gars-là, Erick, n’en attire décidément aucun. Accompagnés d’une franco-ontarienne d’Oxbury, Priscilla, nous nous sommes dirigés (pour ma part une deuxième fois) vers Grenade. Je n’y étais allé que pour quelques heures, et il me restait tant de choses à y voir. La veille, j’ai fait un tour à la Feria du Carnaval de Malaga afin de voir un peu comment on s’y prenait ici. Chariots de dragons en feu, montagnes de plumes de paons, clowns, parade de femmes de 75 ans déguisées en Elvis Presley, tout y était. Ou presque, j’ai attendu, les yeux pleins d’étoile, que le Bonhomme Carnaval se pointe le bout du nez, en vain.
Pour l’instant, j’ai par contre bien d’autres choses à penser. Il se peut que j’aie à changer de logement, et ce, très rapidement. En effet, la résidence ou j’habite, franchement loin de tout, a un peu « pris le bord. » Comme j’en ai parlé plus tôt, l’ensemble de Malaga est en restructuration (l’instauration d’un réseau de métro y est pour beaucoup), et le réseau de transport en commun est franchement déficient par endroits.
La raison pour laquelle je dis cela est que la ville n’a mis à la disposition de mon quartier aucun moyen pour rentrer s’y rendre (à partir du centre-ville) après 22h45. Ce fait s’avère très frustrant pour moi car j’habite à seulement 5 km du centre ; cependant, une bonne partie du trajet n’est pas réellement praticable à pieds puisque les trottoirs sont occupés par nombre de pelles mécaniques, de grues et de trous béants. Je me retrouve donc dans l’obligation de prendre le taxi, ce qui, à 8 euros (12-13 $) par aller-simple, peut contribuer à une facture plutôt salée à la fin du mois.
Tout cela pour dire qu’en dehors de mes colocataires « chain smokers » et un peu trop fanatiques de Beyonce à mon goût, du manque criant de services en matière de transport en commun, le quartier que je reluque est franchement mieux. Les logements y sont (nettement) mieux aménagés, les prix encore moins chers que ceux de la résidence ou je suis présentement, et tout est conçu pour le déplacement à pieds.
Le quartier en question se nomme « El Centro Historico ». Les malins d’entre vous auront compris qu’il s’agit du centre historique de la ville, à moins de 10 minutes à pieds des ruines arabes, à 10 minutes à pieds de la plage, à 3 minutes de la centrale d’autobus, etc. Je dois le crédit de cette trouvaille à Erick, qui m’a fait visiter son appartement : deux télévisions, une laveuse, un très bon internet, un four, une jolie salle de bain. Ce sont toutes des choses que je ne possède pas actuellement dans ma résidence. Et il paie 30 euros de moins que moi par mois.
J’étais cependant très nerveux à l’idée de résilier mon contrat de résidences, de peur de perdre mon dépôt (qui, comme tous les dépôts dont j’ai entendu parler en Espagne, est démesurément grand). Par contre, il faut croire que j’ai des talents d’acteur hors du commun : moyennant une visite à la directrice des résidences (mélodramatique à souhait), je me suis sauvé avec une un délai d’à peu près 3 jours pour quitter les lieux, en récupérant bien sûr mon dépôt.
Je me vois donc, à l’heure où j’écris ce texte, dans l’obligation de me trouver un chez-soi, pas trop cher, pas trop laid, pas trop malpropre, bien localisé. Je ne suis pas exactement sorti du bois.