Entries tagged with “Barceloneta”.


En ma position de king des analogies douteuses, je vous dis cela : si mon voyage avait à être une sauce pour des McCroquettes, ce serait sans aucun doute de la sauce aigre-douce.

Pourquoi ?  Hé bien pour plusieurs raisons.  Je n’arrive pas à identifier précisément le goût que ces trois semaines passées à l’étranger me laissent en bouche.  On distingue aisément le goût amer – quand je vais voir le solde de mon compte en banque – qui me fait pincer les lèvres tant il est prononcé.  On retrouve aussi des teintes sucrées et agréables pour le palais, lorsque je songe à ma visite du Parc Güell, du MNAC, et du musée Picasso… lorsque je m’imagine de retour sur la plage de la Barceloneta.

Fait comique et à la fois, tellement caractéristique de moi : j’ai passé la journée d’aujourd’hui, 18 juin, à flâner dans le Parc Güell, une des nombreuses merveilles imaginées par Gaudi.  En me levant ce matin, alors que je décidais que j’allais faire de ma journée, je me suis dit que je ne pouvais pas partir sans avoir vu ce parc connu mondialement, classé comme patrimoine mondial de l’UNESCO.  Je croyais cependant que nous étions mercredi, grâce ma notion du temps à toute épreuve, et le fait que je n’ai jamais les « deux pieds dans la même bottine. »  Ce faisant, je quitte demain midi, mon appartement est une vraie « dompe » (il y a du riz aux tomates sur les murs de ma cuisine… fait inexplicable), j’ai plusieurs petits trucs à régler, et, fait relativement important, mon propriétaire ne sait pas encore que je quitte son logement.

Vous comprendrez donc la promptitude avec laquelle je clos cet article.  Je vous quitte pour aller faire mon lavage, laver ma vaisselle, et laver les murs – tout cela avec une seule et même barre de savon Sunlight  au citron : j’ai épuisé tous les autres savons qui étaient présent dans l’appartement.

Sur ces belles paroles, à demain, Québec.

Pour écrire cet article, je suis attablé à un endroit que j’aime bien : je viens d’adopter un petit café-bar, la Terra Nosa, dont la porte est tout juste adjacente à celle de mon bloc-appartement. Ma rue, la Carrer del Almirall Churruca est un petit bijou de rusticité comme on n’en retrouve que trop peu chez nous. Sur la distance de 75 mètres que s’étend ma rue, on retrouve deux boulangeries, 3 épiceries, 2 banques (locales bien sûr) 4 magasins d’électronique pakistanais, etc.  Mon appartement, un estudio bajo, (littéralement « studio au sous-sol ») a été conçu et décoré par le propriétaire, un photographe/bricoleur/homme d’affaires/beau-parleur (ce dernier qualificatif seyant à merveille à la quasi-totalité des espagnols que j’ai rencontré).

Sarah-Ève et moi résidons dans la Barceloneta, un superbe barrio « coincé » entre le vieux port de Barcelone et la mer Méditerranée. Nous nous sommes installés à un moment bien particulier pour des étrangers (certains diront qu’il s’agit d’un bon timing, d’autres d’un bien mauvais…) : les festivités locales (célébrant, selon toute évidence, l’unicité et la solidarité régnant depuis fort longtemps dans la Barceloneta) étant à leur plus fort. J’ai enfin compris le vrai sens du cliché – qui n’en est finalement pas un – disant que les latins sont de gros, vrais et fiers fêtards. En guise de preuve à ce que j’avance, il suffisait de regarder par dessus son épaule pour voir la rue donnant sur la seule fenêtre de l’appartement inondée de mousse pour que les enfants puissent y patauger jusqu’aux petites heures du matin, celle communiquant avec la porte avant du bloc-appartement jonchée de bouteilles de cava (champagne local), de canettes d’Estrella (la Molson Dry locale), de résidus de pétards, de feux de Bengale et autres explosifs artisanaux. Des fanfares animaient aussi les quelques rues de la Barceloneta : ces-dernières m’ont gardé éveillé jusqu’aux premières lueurs de l’aube, tout en m’offrant un réveil-matin composé de trompettes, de trombones et de tambours, beaucoup de tambours. À un certain moment, j’ai même cru qu’un attentat kamikaze avait eu lieu à quelques mètres de notre logis : ce n’était en fait seulement (!) que plusieurs dizaines de pétards déclenchés au même moment (au beau milieu de la nuit), signe informant les fêtards les plus amochés qu’ils se devaient de remonter en selle, malgré leurs titubements évidents, malgré les rebords des fenêtres saturés de canettes/bouteilles à moitié pleines. Et ce, pendant 3 jours…

Jusqu’à présent, le seul point négatif de la situation géographique de l’appartement, mis à part l’humidité omniprésente (bien contrôlée par l’air climatisé et le déshumidificateur) : les cucarachas. Non, je ne parle pas de la sympathique chanson entonnée par Creton/Raynald dans La Petite Vie, mais bien des petites bestioles aux longues antennes, au corps souvent trop rigide pour être écrasées et qui ont réussi à faire grimper ma colocataire dans les rideaux du salon (qui se trouve à être aussi la cuisine, deux chambre à coucher, le vestibule, et la salle de bridge). N’entendant que mon courage, j’ai pris l’initiative d’envoyer Sarah-Ève acheter du « blatticide » pendant que je m’occuperais de traquer la bête. Nous avons finalement trouvé un spécimen vivant, alors que, Dieu ait leur âme, deux de ses collègues avaient déjà passé l’arme à gauche. Notre propriétaire, lorsque nous l’avons informé de ce léger détail, nous a répondu qu’il fallait s’y attendre, qu’un port est un port. Merci de ton aide Jordi.

Je fais ici un léger aparté : suite à une longue réflexion, je suis arrivé à la conclusion que le peu d’altruisme et d’empathie dont faisait preuve notre propriétaire était probablement dû au fait qu’il s’agit en fait de l’enfant-star (« Moi j’m'appelle Jordi, j’ai 4 ans et j’suis petit… ») trahi par la vie, avalant sa déchéance en faisant payer quiconque se trouve sur son chemin.

Hum Hum… Désolé. Nous disions donc… Oui : les coquerelles. Ça fait donc 2 jours et il n’y a pas eu de signe de rechute : touchons du bois.

Aujourd’hui, ma colocataire et moi sommes allés porter des CV un peu partout, sans trop d’attentes. La crise économique faisant particulièrement rage en Espagne, nous nous sommes donc tournés vers la quantité plus que vers la qualité. Dans mon cas, n’importe quel commerce s’approchant de ma définition de « pharmacie » ou de « restaurant » remplissait mes exigences. L’endroit où la chance a le plus semblé me sourire ne m’a pas procuré de réel turn on, si vous me permettez l’expression. Je m’explique : Sarah-Ève, qui a travaillé 2 étés dans un Club/Restaurant a proposé que nous allions y porter des offres d’emploi. Une fois les présentations faites avec les directeurs de l’établissement (alors qu’ils nous avaient tous déjà été présentés quand nous avions été prendre un verre à notre arrivée), celui dont l’opinion nous importait le plus regarda Sarah-Ève, faisant mine de ne pas trop la reconnaître. Lorsqu’il posa alors un œil sur moi, un « aah SI ! » convaincant se fit entendre, après qu’il m’eut offert un sourire digne d’une publicité Colgate. Il est important de préciser que cet homme portait ce qui me semblait être des bottes de cow-boy, une chemise serrée (presque autant que ses jeans) et marchait un peu comme un quelqu’un qui doit rapidement trouver les cabinets d’aisance.

Je me suis permis de citer Marie-Chantal Toupin intérieurement : « Hey le grand, regarde-moi dans les yeux. » Si j’avais été assez fluide en espagnol pour ne pas « m’enfarger » dans mes mots, j’aurais eu vite fait de lui expliquer que derrière cette façade quasi-parfaite se trouvent des sentiments fragiles, vrais, qu’il ne faut pas brusquer.

Nous revêtirons donc demain, encore une fois, notre costume de chasseurs d’emplois. Au menu : pain à hamburger au beurre, ½ verre de jus d’orange par personne et verres d’eau à volonté. Vivement l’appel du beau Rodrigo…

Cliquez ici pour voir la rue où nous résidons (zoomez au maximum pour vous promener dans les rues [Google Streets])