Espagne – Hiver 2010


Ça commençait à faire un petit bout de temps que je n’avais pas donné de signe de vie.  En fait, j’hésitais à afficher un texte sans contenu, sans viande, puisque depuis deux ou trois semaine, c’est à peine si je sors de mon appartement pour aller à mes cours ou à l’épicerie.  Pourtant, il ne pleut plus, il commence à faire chaud, et les petits monsieurs « show-off » se promènent déjà en camisole dans la rue en prenant bien soin de se coller les cheveux sur la tête avec une demi-livre de margarine.  Moi, je ne peux pas, bien malgré moi.

C’est quand même dommage, puisqu’en ce moment, c’est LA grosse semaine en Espagne, plus spécialement en Andalousie : la Semana Santa. Nul besoin d’être hispanophone pour comprendre qu’il s’agit de la semaine sainte, ce qu’au Québec on célèbre encore plus ou moins, qui commence avec le dimanche des rameaux et qui se termine par le Samedi Saint.  Ici, si on réunit l’ampleur des fêtes de Noël, de la San Juan (leur équivalent de la St-Jean-Baptise, une fête majeure en Catalogne), et de la fête du Printemps, on n’arrive même pas à une fraction de ce que représente la Semana Santa ici, en Andalousie.  Les deux villes où les célébrations sont les plus imposantes sont Séville et (quelle chance !) Malaga.  Dans mon cas, ces superbes célébrations sont en quelque sorte un couteau à double tranchant.  En effet, l’édifice dans lequel j’habite est situé entre deux rues où circulent des processions tous les jours, toutes les heures, entre 13h et 4h du matin.  Ces processions sont généralement composées d’une fanfare de type militaire (tambours, clairons, trompettes, cor français, etc.) et d’une centaine de « marcheurs » portant des chapeaux et des habits rappelant tristement ceux que portaient les membres du Kuklux Klan (qu’on appelle « capirote »), mais qui sont en fait des costumes traditionnels datant du moyen âge.  On dénombre une vingtaine de processions différentes vouant chacun un culte à un patron, un saint, ou une scène biblique différente.  L’agencement d’une couleur de capirote avec une autre pour la toge représente un culte en particulier.  Chacune de ces processions est d’ordinaire suivie d’un véritable raz-de-marée de curieux venus des quatre coins du monde et parcourt les rues selon un trajet et un horaire strictement établis afin qu’aucune des processions n’arrive face à face avec une autre.


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Donc, c’est bien beau tout ça, mais la fenêtre de ma chambre (qui est en fait un salon) donne directement sur la rue Calle Arco de la Cabeza, une des rues qui fait partie de quasiment tous les trajets de processions et qui est donc à coup sûr bruyante et pleine de gens à toute heure du jour et de la nuit.  En temps normal, je me joindrais au troupeau et j’irais mettre mon nez dans ces célébrations noyées d’encens, de musique et de pétales de roses (que les gens achètent en poches de plusieurs kilogrammes pour jeter sur les statues), mais il s’avère que j’ai un examen le jour où se termineront les festivités.  Cet examen est décisif sur bien des plans, puisque si je ne réussis pas tout les cours auxquels je suis inscrit ici, je me retrouverai dans l’obligation de rembourser le montant que m’a octroyé le Ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports.  Donc, ce « léger » facteur vient assurément tempérer mes ardeurs ecclésiastiques, en plus de renforcer mes grincements de dents quand, à 4 heures du matin, 20 trompettistes viennent s’époumoner de l’autre côté du mur où ma tête est appuyé.


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Malgré tout, quand je sors m’acheter à manger et que, comme au Parc Safari de St-Félicien, j’observe la faune locale, il n’est pas rare que je m’arrête pour en voir un peu plus.  Par exemple, ici, quand il y a une procession, chacun des marcheurs capuchonnés porte soit un cierge, soit un étendard avec ce qui semble être une armoirie en lien avec le saint concerné.  Or, ceux qui portent des cierges vident, plus ou moins à chaque minute, le contenu en cire de leur cierge qui déborde sur des boules de cire que les enfants s’amusent à confectionner.  En effet, au tout début, ils ramassent généralement une cuillère en plastique sur le sol et commencent par remplir l’extrémité de la cuillère de cire, puis, graduellement, forment ce qui finira par être des sphères de la taille d’une petite boule de bowling.

Aussi, un peu comme les québécois avec les lumières de Noël, les gens se valorisent ici par la décoration de leur balcon durant la semaine sainte.  On n’hésite pas à afficher des tissus brodés avec du fil d’or, des blasons pompeux ou d’énormes bouquets de fleur, et plus on jette de fleurs au passage des processions, mieux c’est.

Moi, de mon côté, ça va plutôt bien.  Je suis toujours extrêmement satisfait de l’appartement et des propriétaires qui nous traitent réellement comme des membres de leur famille.  En effet, nous sommes restés un peu surpris quand Helena, l’épouse du propriétaire, nous a annoncé qu’elle nous avait préparé plusieurs petits plats et qu’elle nous faisait cadeau d’un gros pot de miel et d’une énorme cruche d’huile d’olive artisanale confectionnés par elle-même.

Une fois mes examens passés, la prochaine étape sera Marrakesh, puis la visite de mon frère et de ma sœur, respectivement en Suède et en France au mois de Mai.  Par la suite, comme je l’ai rappelé plus souvent qu’à mon tour, j’irai me payer une coupe de cheveux, repasser mes plus beaux habits et me parfumer pour celle qui aura droit à mon sourire le plus vrai depuis longtemps.

Guess what ? It’s raining. En ce qui concerne la météo, ici, les jours ici se suivent et se ressemblent, tout comme les blagues un peu amères que l’on entend fuser de toutes parts chaque matin, chaque fois que l’on rencontre quelqu’un que l’on connait dans la rue. En effet, le terme Costa del Sol (côte du soleil) a été depuis peu remplacé par les gens du coin par Costa de lluva (côte de la pluie), ou encore Costa de mierda (…). Selon le guide « Routard 2009 – Andalousie », la ville de Málaga reçoit environ 3-5 jours de pluie par année. Or, depuis que je suis ici, soit depuis très exactement 45 jours, il a plu sur une période d’approximativement 30-35 jours, au bas mot. J’imagine déjà les gens me dire que dans 1 mois, il fera 35 degrés et que je serai couvert de coups de soleil, mais pour l’instant, c’est un tantinet déprimant.

Bon, je ne suis pas au bord de l’agonie, loin de là, mais disons que ce genre de circonstances entretient un spleen perpétuel, chose dont je n’ai pas nécessairement besoin. J’ai pourtant eu plusieurs bonnes nouvelles ces derniers jours : j’enseignerai dorénavant la chimie, l’anglais et le français à des voisins de mon propriétaire, ce qui me permettra de vivre d’une manière un peu moins précaire, de mieux dormir à chaque soir et de me desserrer la ceinture une fois de temps en temps. De plus, le projet selon lequel ma copine viendra me voir au mois de Mai se concrétise de plus en plus, ce qui ne manque pas de me rendre le sourire chaque fois que cette pensée me parcourt la tête. Cependant, la distance qui nous sépare me pèse beaucoup et joue un poids énorme dans ma balance « bonheur/tristesse.»

Je me trouve moi-même geignard au possible quand je m’entends faire étalage de mes états d’âme à ma famille, à ma copine, mais il ne fait aucun doute que le bonheur dépend d’abord et avant tout de l’état dans lequel on se met soi-même, de la manière dont on aborde les choses. Je me répète donc, quand le cœur m’en dit, que je suis dans une des plus belles villes du monde, que je vis une expérience exceptionnelle, etc. Par contre, mon côté drab prend parfois le dessus en me disant que tout cela sonne un peu creux, et que ce serait tellement plus facile de passer mes journées à me complaire dans mes idées noires.

Mais bon, ça suffit, on range le violon, on lâche le mélodrame : il me reste 76 jours, 77 nuits et je pourrai enfin sortir mon vrai de vrai sourire pour celle que j’aime, celle qui m’attend (trop) patiemment de l’autre côté de l’océan. Je pourrai lui faire visiter cet endroit qui aura su faire tanguer mon humeur, user mon parapluie et faire des trous dans mes souliers.

Dans un autre registre, ici, avec mon colocataire, la cohabitation n’est vraiment pas un problème. Il règne dans cet appartement un climat de respect mutuel, tout en sachant garder les choses simples. Un gars « pas compliqué », un gars qui aurait sans aucun doute pu être un bon ami bien avant si je l’avais rencontré dans un autre contexte.

L’idée, c’est de se garder la tête occupée, question d’éviter de se perdre dans des réflexions inutilement trop profondes, trop lourdes. C’est dans cet esprit que, la fin de semaine dernière, je suis allé passer une longue journée à Cordoba. Quel genre de journée ? Humidement mouillée, je dirais. Nous avons dû composer avec le fait qu’il y avait une sorte de sommet de l’Union Européenne à Cordoba ce jour-là et que, par conséquent, tous les monuments étaient fermés par la sécurité nationale. Une précaution clairement inutile à mon avis, puisqu’il n’y avait pas un chat dans les rues ce jour-là, considérant que les Andalous n’ont rien à faire de la politique.

Ma prochaine destination : Marrakech. Fin avril, accompagné de quelques autres étudiants d’échange, je partirai 4 jours au Maroc. Au menu, tour de chameau, charmeurs de serpents et hôtel à 2,50 € la nuit.

En attendant, je dois me concentrer sur mes cours, être patient comme jamais je ne l’ai été et me coller un gros sourire dans la face.

« L’absence est à l’amour ce que le vent est au feu : il éteint le petit et attise le grand. »

-	Citation rapportée par Pierrette Séguin

Je crois que ça a finalement débloqué !  Hier après-midi, après des semaines de recherches infructueuses, nous avons finalement eu notre part de chance.  Je dois avouer qu’il n’en manquait pas beaucoup pour que nous ne puissions saisir cette opportunité !  Je m’explique.

Avant-hier, après la journée à Gibraltar, j’ai décidé d’aller directement me coucher, j’étais épuisé des heures de marche dans les grottes, sur le rocher de Gibraltar, etc.  Erick, quant à lui, a décidé d’aller prendre un (lire “quelques”) verres avec des amis dans le centre.  En revenant, un peu “enjoué” par les vapeurs éthyliques, ce coquin d’ontarien s’est perdu dans les 100 mètres qui le séparaient de chez lui.  Par contre, il a réussi à retrouver son chemin en arrivant par une ruelle que ni lui ni moi n’avions jamais empruntée.  Dans cette petite rue, il a noté la présence d’une annonce qui portait sur des estudios (petits appartements d’une pièce), des apartamentos (appartement de deux pièces) et des pisos (apprtements de 2 pièces et plus) à louer dans un édifice construit il y a moins de 6 mois.  Le lendemain matin, alors que nous nous sommes rejoint pour aller visiter un appartement, il m’a appris la découverte qu’il avait faite la veille, et je lui proposai donc d’appeler au numéro affiché, en ajoutant que nous n’avions rien à y perdre.

Une heure plus tard, un grand homme à la mine un peu grave, très bien vêtu, se présente à nous comme étant le propriétaire de l’édifice : Luis.  Il nous fait donc visiter les 3 logements qui sont libres : comme annoncé, un estudio, un apartamento et un piso.  Le piso, le plus grand, s’est avéré très bien ! Propre, suffisamment grand pour ne pas que nous ne nous marchions sur les pieds, laveuse/sécheuse (chose que nous n’avions jamais rencontrée), jolie cuisine très bien aménagée et pratique, chauffage et air climatisé, etc.  Le seul hic, le prix.  Il nous annonce qu’en temps normal, ce logement vaudrait 525 euros, mais que pour nous, il pourrait baisser à 475 euros, parce qu’il nous aime bien.  Je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils, et je dus aussi réprimer un petit rire face à cette démonstration de vente à couper le souffle.  Erick, nettement plus à l’aise en négociation que moi, a réussi (en à peu près 10 secondes) à faire passer le pris de 475 à 450 et le dépôt de deux mois de loyer à un mois de loyer.  Par la suite, il nous a fait visiter les deux autres logements qui étaient libres, mais ceux-ci étaient indubitablement trop petits pour deux bonhommes comme Erick et moi.  C’est à ce moment, lorsque nous avons montré une certaine déception, que je crois que notre coup de chance s’est produit.

Nous avons quitté l’édifice pour nous diriger vers un café internet dans le but d’aller naviguer (pour une énième fois) sur des sites de logements.  Après peut-être 10-15 minutes de recherches un peu vaines, le téléphone d’Erick se mit à sonner.

- It’s Luis !  The landlord !  Should I answer ?

- Aweille ! Uhh, yes, answer !

Après 10 minutes, Erick revint pour m’annoncer la nouvelle : le propriétaire nous proposait, moyennant 5 heures de cours privés d’anglais à ses enfants chaque semaine, de baisser le loyer de 100 euros par mois, minimum.  C’est donc dire qu’il nous paierait en escomptes sur le loyer, et qu’en échange, nous devons aller jouer avec ses fils de 12 et 14 ans, faire un peu d’études, aller jouer au golf, aller à la plage, etc.  Grosse vie sale, quoi.

Bref, je reviens à l’instant de chez celui qui s’avère être un très gentil monsieur, et je crois donc pouvoir dire que nous avons finalement trouvé un logement !  Aussi, il nous annoncé que si nous trouvions des locataires pour les deux logements restants, il nous paierait une commission sur leur loyer, qu’il déduirait du notre.  En gros, si nous trouvons quelqu’un pour ses deux autres appartements, nous serons hébergés gratuitement !

C’est donc dire que, malgré la défaite du Canada hier soir face aux États-Unis, je suis de bonne humeur, et pas à peu près.

Comme promis, voici les photos que j’ai prises lors de ma journée à Gibraltar !

Depuis la dernière fois que j’ai donné des nouvelles ici, je dois avouer qu’il n’y a pas eu beaucoup d’avancées… Je n’ai toujours pas trouvé d’appartement, malgré les nombreuses visites effectuées dans les 7-8 derniers jours.

Finalement, j’irai habiter avec mon ami ontarien, Erick.  Non seulement cela s’avère-t-il nettement plus économique de louer un appartement à deux, mais Erick s’est lui aussi retrouvé aux prises avec une situation quelque peu précaire concernant son logement.  En effet, la propriétaire de son appartement s’est mise à l’épier (jour et nuit), en plus du fait qu’il a remarqué que certains de ses effets personnels avaient disparu de sa chambre… Pour ajouter l’injure à l’insulte, il a fait la découverte que sa propriétaire fraudait l’impôt (en ne déclarant pas qu’elle a des locataires), ce qui fait qu’elle refuse d’émettre quelque reçu que ce soit.  Or, les reçus sont essentiels pour le remboursement des bourses (et autres sources de support financier gouvernemental).  Bref, il cherche aussi à quitter son logement le plus tôt possible, ce qui, je ne le lui ai pas caché, fait plutôt mon affaire !

Nous avons visité un peu toute la gamme des appartements de Malaga…   Du taudis où on se sentirait mal de faire dormir son chien au loft luxueux hors de prix, en passant par le superbe petit appartement pas cher et « parfait. »   Pourquoi nous n’y sommes pas allés de l’avant avec ce dernier ?  Eh bien, lorsque nous étions à un cheveu de conclure avec ce logement, le propriétaire nous a annoncé qu’à l’instant même, l’appartement venait de prendre 60 euros (presque 100$) de valeur, d’un coup sec.  On peut deviner que nous avons décliné l’offre.  En effet, je me suis buté à la dure réalité : comme la vraie vie n’est pas exactement comme un épisode du banquier (désolé Julie Snyder), nous n’avons pu ouvrir une autre valise contenant un meilleur prix.  Nous nous sommes donc résigner à trouver autre chose.

Suite à cette visite on ne peut plus décevante, nous avions un rendez-vous avec un autre propriétaire dans un appartement très confortable, très bien situé, bien décoré et (surtout !) très abordable.  Malheureusement, le propriétaire nous avait oubliés et nous avons dû attendre sur le pas de sa porte, comme des dindes, pendant 1h… En ce qui concerne cet appartement, rien n’est perdu, mais ce n’est rien non-plus pour nous encourager dans nos recherches !

Nous avons aussi changé notre approche, car nous sommes retrouvés dans l’obligation de baisser un tantinet nos standards de qualité !  En effet, depuis le tout début, nous cherchions des appartements avec 2 chambres.  Or, il n’y a strictement rien sous la barre des 450€/mois, ce qui, avec l’eau, l’électricité et les frais de communidad (l’entretien de l’édifice) équivaut à environ 900$.  Nous sommes forcés d’admettre que ça ne correspond pas exactement à notre définition de « bon marché… »  De plus, à ce prix, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de nécessairement propre, éclairé et bien localisé.  Cependant, pour environ 400€/mois (incluant la plupart des frais), nous  avons trouvé plusieurs annonces, via internet ou les journaux locaux, d’appartements comportant une seule chambre, mais possédant un futon dans le salon.  J’ai donc accepté de dormir sur le futon durant les 4 mois qu’il me reste à passer ici, moyennant un partage conséquent du loyer entre Erick et moi.

Par contre, comme je l’ai démontré plus tôt, il y a souvent une attrape, un piège à étudiant qu’il faut savoir démasquer en posant la bonne question, et ce, avant de signer quoi que ce soit…

Ceci étant dit, la semaine prochaine, je commence officiellement mes cours !  Finis, les cours de grammaire espagnole (4h par jour !), bonjour la microbiologie !  Je suis impatient de voir si mon niveau de langue sera suffisant pour que je puisse me dépatouiller avec les termes techniques et avec les professeurs marmonnant nonchalamment leur matière à examen…  Je le saurai bientôt !

Sur ce, demain, je vais à Gibraltar !  Je compte tenter d’approcher les singes (ce territoire est connu pour être le milieu naturel de macaques berbères se promenant librement !), prendre trop de photos (comme d’habitude) et tenter de profiter du rare bon temps qu’ils annoncent pour demain.  Pour s’y rendre, nous serons un petit groupe d’amis quelque peu hétéroclite – composés de canadiens, d’australiens, d’anglais et d’allemands -  en « day trip » dans ce petit bout de terre qui nous intrigue tous autant.

Des photos sont à prévoir pour bientôt, surtout si j’en ai quelques une en compagnie de mes grands chums les macaques (je ne saurai que trop fier !).

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