Espagne – Été 2009


En ma position de king des analogies douteuses, je vous dis cela : si mon voyage avait à être une sauce pour des McCroquettes, ce serait sans aucun doute de la sauce aigre-douce.

Pourquoi ?  Hé bien pour plusieurs raisons.  Je n’arrive pas à identifier précisément le goût que ces trois semaines passées à l’étranger me laissent en bouche.  On distingue aisément le goût amer – quand je vais voir le solde de mon compte en banque – qui me fait pincer les lèvres tant il est prononcé.  On retrouve aussi des teintes sucrées et agréables pour le palais, lorsque je songe à ma visite du Parc Güell, du MNAC, et du musée Picasso… lorsque je m’imagine de retour sur la plage de la Barceloneta.

Fait comique et à la fois, tellement caractéristique de moi : j’ai passé la journée d’aujourd’hui, 18 juin, à flâner dans le Parc Güell, une des nombreuses merveilles imaginées par Gaudi.  En me levant ce matin, alors que je décidais que j’allais faire de ma journée, je me suis dit que je ne pouvais pas partir sans avoir vu ce parc connu mondialement, classé comme patrimoine mondial de l’UNESCO.  Je croyais cependant que nous étions mercredi, grâce ma notion du temps à toute épreuve, et le fait que je n’ai jamais les « deux pieds dans la même bottine. »  Ce faisant, je quitte demain midi, mon appartement est une vraie « dompe » (il y a du riz aux tomates sur les murs de ma cuisine… fait inexplicable), j’ai plusieurs petits trucs à régler, et, fait relativement important, mon propriétaire ne sait pas encore que je quitte son logement.

Vous comprendrez donc la promptitude avec laquelle je clos cet article.  Je vous quitte pour aller faire mon lavage, laver ma vaisselle, et laver les murs – tout cela avec une seule et même barre de savon Sunlight  au citron : j’ai épuisé tous les autres savons qui étaient présent dans l’appartement.

Sur ces belles paroles, à demain, Québec.

Un fait intéressant auquel j’ai songé aujourd’hui, concernant un mot de la langue espagnole, me fait penser à notre situation actuelle.  Le verbe esperar, en espagnol, possède deux significations qui, en français, sont très distinctement séparées.  L’une, très semblable à son équivalent français, veut dire « espérer », et l’autre « attendre ».  En ce moment, j’attends le propriétaire (Jordi, ex enfant-star) de mon appartement dans un parc à quelques mètres de la porte de mon appartement, et j’espère qu’il arrive bientôt.  J’attends qu’il vienne régler le problème de reflux d’égouts partout dans l’appartement, et j’espère que les odeurs nauséabondes seront éliminées d’ici l’heure où nous prévoyons aller au lit.  J’attends sur un banc de parc, ordinateur portable sur les cuisses, lettre de résiliation de bail dans mon sac, et j’espère que les 6 raisons que Sarah-Ève et moi avons clairement énumérées dans la lettre suffiront à ce que le propriétaire nous rende (en partie du moins) notre dépôt de 850 euros (+/- 1360 $ CAD).  J’attends, et j’espère, pour faire changement.

Le fait est que, à partir du moment où la décision de quitter notre estudio bajo a été prise, bizarrement (et heureusement ?), les problèmes concernant le logement n’ont cessé de s’additionner.  Les fusibles ne cessaient de sauter, même en pleine nuit, nous trouvions de plus en plus de coquerelles dans les tiroirs de la cuisine, les problèmes « d’odeurs de plomberie » prenant une ampleur déconcertante, nous passions le moins de temps possible dans l’appartement.  Les fusibles ne pouvant rester en position « marche » plus de quelques heures consécutives, nous ne pouvions donc cuisiner, faire une brassée de lavage, ou être sûrs de garder quelque nourriture périssable que ce soit dans le réfrigérateur.

Ce matin, après m’être déversé quelques cafés dans le gosier, Sarah et moi nous sommes mis en marche pour un grand ménage, advenant que le propriétaire décide d’user de l’argument « propreté » pour expliquer le problème de blattes (même si, avant le ménage, rien ne pouvait laisser croire une telle chose).  Le propriétaire s’étant engagé à nous envoyer un message texte aux alentours de 14h pour nous annoncer sa venue, et considérant qu’il était seulement midi, nous avons décidé d’aller à la plage, toute proche, tuer le temps.

  • 16h10 : aucune nouvelle de Jordi.  Nous l’appelons, chacun de notre cellulaire respectif (dans le cas où il dirait qu’il n’était pas sûr du numéro).
  • 17h30 : toujours aucune nouvelle, l’appartement empeste de plus en plus.  Il y maintenant une invasion de vers de terre sur notre plancher : nous n’enlevons plus nos souliers à l’intérieur de l’appartement.  Sarah-Ève décide d’aller prendre une douche, elle sens que tout empeste.
  • 17h45 : L’eau contenue dans les renvois de tout l’édifice est éjectée par le débit de l’eau de la douche, le tout sort par notre tuyau de laveuse, en plein milieu de la cuisine.  Le dessous de mon lit est inondé et j’ai tout juste le temps de retirer mon power supply d’ordinateur de sol, afin d’éviter que mon ordinateur ne saute . Septième appel à Jordi, toujours aucune réponse. Nous désertons l’appartement.
  • 18h45 : Jordi nous appelle, il sera à l’appartement vers 20h.
  • 20h10 : Jordi arrive à l’appartement, là commence la deuxième partie de l’article.

Oups

Notre propriétaire entre et constate l’ampleur des dégâts : notre plancher à des allures d’une certaine colline au Viet-Nam après le passage des américains (si nous remplaçons les être humains par des lombrics, bien sûr).  L’odeur assez poignante ne semble pas incommoder les narines de fer de notre proprio : son faciès semble dire que nous « beurrons un peu épais ».  Il appelle cependant el presidente, le responsable du bloc, ce que j’ai compris comme étant un locataire désigné pour régler les problèmes avec l’administration et avec le concierge.  Ce dernier, un homme d’à peu près 75 ans, debout dans le cadre de notre porte (en caleçons), nous dit qu’il n’y peut rien, que tous les voisins éprouvent le même problème.

Une fois le presidente parti, Sarah-Ève et moi donnons notre lettre à Jordi, laquelle lui indique que nous désirons quitter le logement, que nous ne sommes pas satisfaits des conditions sanitaires.  De plus, nous lui disons à quel point nous sommes déçus de la communication entre les deux partis, à quel point son manque de réceptivité a nui à notre bien-être dans son logement.

Nous croyant « blindés » en ce qui concerne l’argumentation, nous ne sommes pas trop nerveux.  Le seul élément de stress provenant du fait que seul le propriétaire peut décider du montant du dépôt qui nous reviendra, et que les derniers locataires ne nous avaient pas décrit Jordi comme très « réceptif » aux circonstances exceptionnelles.

Il nous expliqua donc, avec une langue de bois digne des plus grands politiciens, que rien n’était de sa faute.  Que les coquerelles s’étaient installées suite aux problèmes d’eau, qui étaient bien sûr à 100% la responsabilité de la ville.  Aussi, les problèmes d’électricité étant dûs à des fuites d’eau entrées en contact avec des fils traînant sur le sol, il ne pouvait rien pour nous.  Afin de se faire paraître encore plus gentil et paternel avec nous, Jordi nous invite même à passer les prochaines nuits chez lui (il ne manque cependant pas de répéter à plusieurs reprises « connaissez-vous beaucoup de propriétaires qui feraient ça, vous ? »).

Je met donc sur la table le point, irréfutable à mon avis, que nous l’avons appelé à plusieurs reprises, depuis la veille, et que, quand il ne reportait pas nos rendez-vous à plus tard, il ne nous rappelait pas.

Là commence le chapitre que j’ai nommé « Antoine jette le bébé avec l’eau du bain . »

Pour expliquer son manque d’assiduité au téléphone, il nous explique que la sœur de sa tante est décédée aujourd’hui, et qu’il ne pouvait pas nous rappeler pour cette raison.

Moi, toujours un peu sur mes gardes (et surtout que la veille, il nous avait dit la même chose pour reporter notre rencontre), je sens l’excuse facile d’écolier qui n’a pas remis son devoir, et invoque la mort d’une lointaine tante germaine.  Je lui répond donc :
«Tu nous as dit la même chose hier !  Ta tante n’a surement pas pris 2 jours à mourir ! »

Oups.

Mon vocabulaire trop peu riche m’a un peu coincé à ce moment, car mes propos n’ont pas seulement dépassé ma pensée, ils sont  carrément passés à côté.  Je voulais lui dire que, quand il est question d’affaires, de gros sous, il faut généralement laisser ses histoires personnelles à la maison.  Je voulais aussi dire que de nous envoyer un message pour nous dire qu’il nous donnerait des nouvelles plus tard, qu’il était occupé, n’aurait pas été trop forçant.  À la place j’ai échappé ces mots trop crus, trop durs.

Il me répond donc :
«¡ Que insensible eres ! », i.e. « Tu es tellement insensible ! », avec raison.

Il s’est donc mis à parler exclusivement avec Sarah-Ève, évitant avec grande attention tout contact visuel avec moi.  Il s’est mis à lui dire que nous pouvions discuter argent,  si Sarah le voulait.  Aussi,  il nous a sagement dit que que dans la vie ça ne marche pas comme ça, on ne s’en va pas quand ça ne fonctionne pas.

Nous en sommes donc là, les semelles clapotant dans le jus de vers, une drôle d’odeur flottant dans l’air (odeur que j’ai baptisée « Monsieur Merde », i.e. un mélange entre du M.Net et … ce qui jonche notre plancher )», et un verre de sangria à la main pour noyer nos soucis.

Je n’ai pas vraiment pris de photos ces derniers jours, pour cause de circonstances exceptionnelles.

Si dans les prochains jours nous n’arrivons à rien avec notre règlement de bail, nous avons toujours un numéro de dernier recours où appeler.  Une cuisinière d’un petit restaurant mexicain un peu sombre nous a tendu, à notre grand étonnement, la carte de la délégation générale du Québec en Espagne, située à Barcelone, à moins de deux kilomètres de notre appartement.

Comme quoi (gare au cliché !), le monde est petit.

The Boss et moi avons visité d’autres contrées de Barcelone aujourd’hui.  Il m’a susurré, de sa voix rauque et toujours juste, des mélodies toutes plus belles les unes que les autres.  Il accaparait mon ouïe, tandis que je n’avais d’yeux que pour la beauté qui s’offrait à moi.  Il m’offrait, des heures durant, ce métissage curieux, mais ô combien agréable que peut produire le fait de se promener dans Barcelone en écoutant en boucle tous les albums de Bruce Springsteen.

Quelques uns ont dû tomber dans le panneau, c’est certain.  Ils ont dû croire que j’ai succombé à la crise économique, que j’avais accepté une place dans un bar louche, et que je m’étais fait « ami  » avec le gérant de la place, surnommé The Boss.  Eh non.  Désolé.

La « rage » de Bruce Springsteen dont j’ai été victime s’explique par le fait qu’hier, aux alentours d’une heure du matin, luttant encore contre le décalage horaire, j’ai décidé d’écouter un film que j’avais en ma possession : Reign over Me.  Je ne suis pas particulièrement amateur de films démagogiques (dont certains se font une spécialité), spécialement pas de ceux qui exposent la « misère » des États-Uniens, qui ont tout connu, tout vu, tout vaincu.  Ce film, malgré le fait qu’il traitait – assez indirectement, c’est vrai -  du 9/11, sonnait très juste, assez à mon goût en tout cas.  Le personnage principal (interprété par Adam Sandler) et son trouble post-traumatique (qu’il étouffe en écoutant Bruce Springsteen) m’ont gardé les yeux grands ouverts jusqu’aux premiers chants des oiseaux.

Ce matin, The River, et Lost in the Flood ont donc servi d’accompagnement à mon œuf et à mon café.

Ne m’attendant même pas à recevoir un quelconque appel pour un emploi, j’ai donc investi toute ma journée dans le tourisme.  Durant cinq heures, sans arrêt, j’ai chargé la carte mémoire de mon appareil photo de clichés de la Plaza de Catalunya, du Parque de la Ciutadella, et du Parque Montjuic.  Le but ultime de ma visite étant d’aller faire un tour au MNAC (Museu Nacional d’Art de Catalyna [que le guide Routard désigne comme le plus beau musée d'art roman du monde !]), j’avais prévu faire quelques détours, éviter les grandes artères, et flâner un brin, comme j’aime tant le faire depuis mon arrivée ici.

Une fois arrivé dans lesdits détours, j’ai décidé de faire d’autres détours, et de voir ce qu’il y avait un peu plus loin.  Je me suis finalement retrouvé dans un magasin de disque – à plus de 6km dépassé destination finale – à chercher des disques d’un groupe mexicain connu de moi seul.  Il est important de mentionner que je n’avais aucune espèce d’idée de l’endroit où je me trouvais (sinon que le magasin de disque s’appelait « Carlito’s CDs »), que le temps filait à toute allure, et que, comble de malchance, Carlito n’avait aucun disque de mon groupe mexicain.

19h23, arrivée à la porte du MNAC, je jette un coup d’œil à l’horaire : 8h – 19h.  Bon, au moins je me serai un peu musclé les fessiers et travaillé mon bronzage (comme s’il était vraiment en danger ici).

Je dois faire un aveu (dans cette tribune des plus privées…) : je me doute de ce que les gens autour pensent de moi quand je prend des photos.  Les photos de monuments seuls ne m’intéressent pas plus que ça, les photos de chutes d’eau, de couchers de soleil ou de chiens qui font des backflips n’allument rien en moi.  Ce qui m’intéresse, ce sont les gens, et le contexte dans lequel ils sont placés.  Par exemple, aujourd’hui, j’étais sur un promontoire d’où on peut quasiment voir Barcelone en entier.  Je sais que je suis, dans le même après-midi, probablement le cinquantième à prendre cette photo, et que le contenu des cartes mémoire de ces cinquante personnes pourrait être échangé sans que personne ne s’en rende compte, ni ne s’en choque.  Les sujets de photos qui sont, à mon avis, les plus propices à faire des photos réussies (et uniques) sont les êtres humains, en particulier les jeunes enfants.  Mis à part quelques exceptions, ces derniers n’ont pas conscience du fait qu’il faut se donner un air, ou être gêné, ou agir à la blague sur une photo.  Ils ne remarquent souvent même pas qu’on les photographie.  Les adultes aussi font d’excellents modèles, mais il est beaucoup plus gênant de demander à un étranger « Faites comme si j’étais pas là, vous paraissez bien à cet endroit, je vais prendre 70 photos de vous. »

Il y a par contre toujours des « dommages collatéraux » à agir ainsi, i.e. les parents, ou leurs amis, qui voient mon manège.  Ces derniers froncent les sourcils, paraissent sceptiques, voire outrés, de me voir aller.  Je fais donc un mea culpa : j’ai l’air d’un pas fin, et je m’en excuse.

Je vous concède que ma journée ne fera jamais un épisode de Twenty-Four, mais pour moi, ça fait la job.

Il y a du nouveau, et pas à la fois.  Hier, j’ai bien sûr (vous commencez à connaître la rengaine), été distribuer des CV un peu partout, dans des bars, des pubs, des restaurants, et une ou deux pharmacies du coin que j’avais oubliées.  Je répétai ad nauseam cette phrase, un peu maladroite, mais qui a au moins le mérite de ne pas passer par quatre chemins :
«  –  Hola.  Quisiera saber si ustedes necesitan alguien para trabajar aquí. », i.e. « Bonjour, j’aimerais savoir si vous avez besoin de quelqu’un pour travailler ici »
La formulation laisse sous-entendre que je serais prêt à faire un peu n’importe quoi.  On me répond 80% des fois :
« - Lo siento, somos completo. », « Désolé, nous sommes complets. »
Et 20% des fois :

« No sé si necesitamos alguíen, pero voy a tomar tu curriculum », « Je ne sais pas si nous avons besoin de quelqu’un, mais je vais tout de même prendre ton CV. »

Cependant, hier, fait rarissime, un pharmacien me répond, l’air à demi-sûr, se demandant si je serais un bon candidat, que ça fait très longtemps qu’ils recherchent un technicien en pharmacie (en l’occurrence, moi !).  Il me dit aussi que s’ils ont à me rappeler, ils le feront très, très bientôt.  C’était hier avant-midi, et toujours rien.  Et l’ultimatum que je me suis fixé, ultimatum qui déterminera si je quitte Barcelone prématurément ou pas, approche à grands pas.

D’ordinaire, mon hyperactivité légère (auto-diagnostiquée, soit dit en passant) me sert à bien des choses : elle me permet de suivre mon imagination en constante ébullition, me donne l’énergie d’entamer plusieurs projets à la fois, de jongler avec des dizaines d’idées d’une seule main.  En ce moment, les évènements la musèlent, la confinent au tréfonds de ma caboche et la rendent incapable de s’exprimer.  C’est bien beau de travailler son tan , mais il manque quelque chose.

Je me sens un peu comme quand, à l’école primaire (tous s’en souviendront), l’heure de la récré approchait, et que tous les yeux étaient rivés sur l’horloge au dessus de la porte de la salle de classe.  Les six ou sept minutes qui nous en séparaient étaient les plus longues de la journée.  Moi, je regarde mon téléphone cellulaire depuis le 28 mai, et j’ai cette même impression que le sable coule trop lentement dans le sablier.

Il ne faut par contre pas croire que je suis malheureux ici : hier, en dévalant la Carrer de la Marina (magnifique boulevard qui unit le port olympique à la Sagrada Familia) et en chantant Give me the beat boys des Doobie Brothers qui jouait dans mes écouteurs, j’aurais pu difficilement pu être de meilleur humeur.  Cependant, une fois la playlist terminée, une fois mes yeux de retour sur mon cellulaire (pour ne voir aucun appel manqué), j’ai dû retomber les deux pieds sur terre.

Advenant que d’ici vendredi après-midi je n’aie reçu aucune nouvelle des employeurs à qui j’ai offert mes services, je devrai repartir dans ma caravane, « paqueter mes ptits », et me trouver un autre endroit.  Non seulement je trouverai (fort probablement) plus facilement un emploi dans cet autre pays, mais il y a fort à parier que les loyers y seront aussi plus bas.  Mon choix devra s’arrêter entre la Belgique, la France ou la Suisse, tous moins durement frappés par la crise que la péninsule Ibérique.

En attendant, je fais la « grosse vie sale . »  Je mange, écoute de la musique, me fais griller comme un lézard pendant des heures, flâne dans la (presque trop) belle Barcelone, et éreinte mon appareil photo.  En attendant, j’inonde le web de mes photos, de mes articles, de mes commentaires sur Facebook, en tapant du pied intérieurement.

En attendant, j’attends…

Depuis quelques jours, chose très surprenante à Barcelone, le temps est gris.  Un peu comme moi d’ailleurs.  Je me sens maussade, déçu d’avoir à affronter la dure réalité qu’est la crise économique.  Après avoir fait le décompte, j’arrive à un nombre qui m’effraie un brin moi-même : j’en suis à 13 CV distribués, aucune réponse.  Après être allé embêter quelques propriétaires de commerce du coin (pour leur offrir mes services), j’ai décidé de ne pas rentrer à l’appartement tout de suite, et d’aller prendre quelques photos.  J’ai flâné sur la plage, en essayant de me changer les idées un peu.

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